• “Seules les courses élites survivent”


    10 juin 2020
    #route

Le secrétaire sportif Xavier Vandermeulen enregistre une baisse de 85 pour cent des courses au calendrier belge

À petits pas, nous tentons tous de reprendre le ‘train-train quotidien’.  Il en est de même pour le cyclisme. Nous travaillons dur pour essayer d’organiser quelques ‘courses d’entrainement’, principalement au mois de juillet. Cependant, à l’heure actuelle, c’est début août que les choses vont s’accélérer considérablement. Pour ce qui est des épreuves cyclistes, les différentes pièces du puzzle ont été rassemblées. Nous pouvons enfin nous tourner vers l’avenir, même si ‘l’élaborateur du calendrier’ ne reste pas aveugle face au champ de bataille à l’issue du coronavirus : “Je pense que nous pourrons réaliser au maximum 15 pour cent des courses prévues au calendrier en 2020.”

Xavier Vandermeulen travaille comme secrétaire sportif pour la route et le cyclo-cross chez Belgian Cycling. Ces derniers mois, il était le point de contact pour les organisateurs qui ont vu leur course menacée par le coronavirus. Et ils sont nombreux. Car depuis la mi-mars, nous n’avons plus eu de compétitions cyclistes dans notre pays. En étroite collaboration avec la commission route et les sections provinciales (Route, Piste, Cyclocross), tout le monde s’est mis à l’œuvre.

“Dans un premier temps, nous avons contacté les organisateurs qui ont vu leur course annulée par les autorités, interdisant la compétition jusqu’au 31 juillet 2020 (le Conseil de sécurité a assoupli cette mesure récemment) ”, explique Vandermeulen. “Nous leur avons posé la question de savoir s’ils voulaient organiser cette même année encore, à un moment ultérieur. Un exercice difficile, car nous voulions également tenir compte des épreuves déjà programmées en automne. Ce dernier obstacle s’est résolu spontanément, car la majorité des organisateurs ont décidé de sauter une année. À part Dwars door Vlaanderen et le E3 Binckbank Classic, les autres épreuves du WorldTour et la plupart des courses ProSeries se sont installées au calendrier automnal. Néanmoins, des courses pour jeunes, uniquement le Ster van Zuid-Limburg a pu être sauvé.”

Surtout les courses 1.1. ont été rayées
Les courses dans la plus haute catégorie (WorldTour) et les courses sous-jacentes (ProSeries) ont pu garder la tête haute. La crise a surtout touché les courses qui se situent aux autres échelons.
“Les courses 1.1. du calendrier international ont pour ainsi dire disparu”, selon Xavier Vandermeulen. Une même tendance se manifeste au sein du cyclisme féminin. Là aussi, ce sont surtout les épreuves du WorldTour, liées à une épreuve classique masculine, qui ont tenu le coup face à la crise. “Je suis heureux que le Lotto Belgium Tour a été sauvé. Et l’épreuve à Schellebelle, une course de la catégorie 2, a été reportée au mois d’août. C’est un petit bonheur.”

La crise touche les bénévoles
Selon Xavier Vandermeulen, le plus grand défi se situe autour des épreuves organisées par les bénévoles. Toute épreuve mise en place par un bureau d’organisation – Flanders Classics, Golazo, ASO, … – tiennent le coup à la crise. “Ce sont les gens qui organisent à partir de leur passion pour le cyclisme qui ont jeté l’éponge. Car même si les mesures de précaution quant à la santé publique ont été fortement réduites pour les courses automnales, j’ai pu constater pendant ces derniers mois que bon nombre d’organisateurs ont perdu courage.”

À mon avis, plusieurs raisons se trouvent à la base : “Entre autres l’incertitude quant aux événements de masse, interdits jusqu’au 31 août. Les communes ont inséré une marge de sécurité suffisante en interdisant toute manifestation publique en automne. Et au moment où la kermesse du village est supprimée du calendrier des festivités, la course qui y est liée suit le même chemin. C’est regrettable, car une course pour jeunes n’attire jamais une masse de personnes. Par ailleurs, c’est un public plutôt en mouvement. L’élément financier n’est pas négligeable non plus. Où faut-il trouver des sponsors à l’heure actuelle ? Pour l’instant, les entreprises ont d’autres chats à fouetter.”

Belgian Cycling a pris quelques initiatives, justement pour boucher les trous dans le calendrier des jeunes. Vandermeulen: “Les courses de côte programmées en 2020 sont maintenues. Qui plus est : nous y avons ajouté une épreuve pour les U23. Le test de contre-la-montre – un paramètre important pour les jeunes talentueux – est sauvegardé. Un mot de remerciement pour l’engagement et l’adaptation des organisateurs est approprié, car le maintien de ces épreuves est une très bonne chose.”

Courses de kermesse
Le 1er août, le Heistse Pijl sera la première épreuve pour professionnels sur le territoire belge. L’organisateur Jef Van Den Bosch a laissé tomber le statut 1.1. pour ce qu’il vaut, et a opté pour un ‘statut national’, une course de kermesse disons. Très malin, selon Xavier Vandermeulen. “Le coût pour l’organisateur à la baisse, moins de prix à payer, et la disparition des contraintes imposées par l’UCI pour une épreuve 1.1. Vu le caractère international de ces courses, il est probable que même au mois d’août il n’y ait pas encore d’ouverture. À ne pas oublier que bon nombre de courses 1.1. doivent retrouver l’équilibre financier avec les revenus d’une formule VIP. Et c’est justement là que les choses se compliquent pour les semaines à venir. Car même s’il y a des mesures d’assouplissement, les règles de base de la distance sociale restent d’application, aussi pour les emplacements VIP, c’est inévitable. Petit conseil : pour ceux qui hésitent, il est bien de suivre l’exemple de la Heistse Pijl.”

L’année 2021 sera meilleure
L’année 2020 est catastrophique pour le cyclisme belge, avoue Xavier Vandermeulen. Avec deux Championnats du monde dans notre propre pays – Ostende pour le cyclocross et la Flandre pour la route – nous sommes confiants quant à 2021. Vandermeulen: “Non seulement parce qu’il y aura deux Championnats du monde en Belgique, mais aussi parce que pas mal d’organisateurs m’ont certifié vouloir rattraper l’année perdue. Il faut donc encore tenir bon, dans l’espoir de bientôt voir la lumière au bout du tunnel.”

Il est plus que probable que ceci ne reste pas seulement un vœu pieu. Chez Belgian Cycling aussi la vente spectaculaire de vélos n’est pas restée inaperçue. “Apparemment, nous avons tous redécouvert le vélo,” conclut Xavier Vandermeulen. “Il y a donc une chance réelle que les jeunes cyclistes aient pris goût au vélo et peut-être même à la compétition entre pairs. Initialement, nous avons un peu craint un flux sortant du cyclisme, parce que les opportunités pour courir ont été entravées. Les courses d’entrainement programmées prochainement, serviront de réponse. Si le résultat s’avère être positif et se traduit par une hausse du nombre d’affiliations, il reste une chance pour clôturer cette période noire de façon positive. Une bénédiction pour le cyclisme belge, peut-être. Croisons les doigts!”

Texte: Guy Vermeiren
Photos: Photo News, Marc Van Hecke

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